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56 encres de 1956
15 avril au 25 juin 2005
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C'est à partir du 15 avril 2005 que vous pourrez
découvrir à l'Espace Carole Brimaud une
exposition dédiée à Hans Hartung.
Cet événement consacré à la
présentation de 56 encres de Chine sur papier de
1956 revêt une importance historique pour plusieurs
raisons:
En Galerie, en France comme à l'étranger, il
n'y a jamais eu une exposition avec des oeuvres similaires.
Dans les musées ces encres de Chine ont
été offertes au public seulement à
deux reprises : L'une en 1996 à la Tate Gallery
à Londres, puis en 2000 au Musée Picasso
d'Antibes qui depuis la dation de la Fondation Hartung
a conservé au sein de ses collections permanentes,
dans une nouvelle aile récemment ouverte une salle
consacrée exclusivement à Hans Hartung.
Et enfin, parce qu'elle permet de mettre en lumière
son oeuvre sous un aspect complétement nouveaux
et tout à fait précurseur pour son
époque. En effet, on peut dire aujourd'hui
après toutes les études
réalisées sur son oeuvre par les historiens
et les conservateurs de musées qu'Hans Hartung
est particulièrement novateur pour son époque.
On découvre Hartung sous deux aspects; l'aspect
gestuel reconnu depuis toujours et l'aspect conceptuel
mis en lumière par ces chercheurs et en
général ignoré du grand public.
Hans Hartung a toujours oscillé entre son amour
du geste, sa préhension de la nature et son
impulsivité que l'on retrouve dans son lyrisme
et tout particulièrement dans ses dessins qui sont
à la source de son oeuvre et l'ont toujours
conduit à être considéré
comme fondateur de la peinture gestuelle en Europe.
L'abstraction est profondément ancrée
chez Hans Hartung, très tôt dans son regard
sur les maîtres anciens où les taches de
Rembrandt le marquent profondément, en 1922
où ses taches à l'aquarelle rythment ses
dessins, dans les années 30 où le trait
est guidé par son désir de maîtriser
la foudre de son enfance.
Cependant, une autre préoccupation l'a toujours
accompagnée: le besoin de maîtriser, de
canaliser ces forces souterraines. Il a d'ailleurs
défini son action dans cette phrase:
“Toujours, toujours, je cherchais une loi, la
règle d'or, alchimie du rythme, des mouvements,
des couleurs. Transmutation d'un désordre apparent
dont le seul but était d'organiser un mouvement
parfait, pour créer l'ordre dans le
désordre, créer l'ordre par le
désordre.”
Il va alors inventer le report du dessin sur la toile
qui permettra au spectateur de retrouver la même
spontanéité dans les huiles que dans les
oeuvres sur papier.
Le geste demeure et Hartung est aujourd'hui un des
premier artiste conceptuel du XXème
siècle. “Donner
l'impression d'improviser sur le champ tout en imposant
une perfection qui nous conquiert. Voilà le
véritable problème technique”
(in - “Autoportrait, Hans Hartung”). On
passe alors du geste au concept.
Le dessin - encre ou pastel - reste la technique de
prédilection de l'artiste, mais la
nécessité de reproduire ses dessins
originaux sur toile afin de proposer au public de
grands formats va rapidement s'imposer à lui
et le pousser à s'interroger sur la manière
de conserver la fraîcheur et la
spontanéité du geste que lui offrent les
encres sur papier. La difficulté tient au
médium dont il dispose à l'époque,
l'huile sur toile. Il choisira certaines encres souvent
de petites tailles pour les reporter sur des toiles
parfois de très grandes tailles au
millimètre près. Il prendra du plaisir
à reproduire les “accidents” et les
imperfections que l'on trouve dans les dessins, dans de
grands tableaux, puis viendront le choix des couleurs,
parfois un même dessin pourra engendrer deux
tableaux de taille différente et de couleurs
différentes.
Tout sera consigné dans des carnets
d'études expliquant ses choix. Alors que ce
n'est qu'en 1968 que le public découvre ce
que l'on ne nomme pas encore l'art conceptuel avec
l'exposition “ When attitudes become from”,
exposition qui marquera les esprits dans le monde
de l'art, on comprend mieux aujourd'hui le
caractère fondamental de sa série de
dessins à l'encre.
Ainsi, au travers de cette exposition, il sera possible
de comprendre le cheminement de Hans Hartung tout au
long de sa création artistique.En 1956 , Hans
Hartung est à une période de sa vie
où il est déjà un artiste reconnu.
Si il est vrai que les tableaux d'Hartung des
années cinquantes sont mondialement connus,
les encres de Chine dont ces tableaux sont issus
n'ont jusqu'alors jamais été
montrées en série. Le coté
sériel de cette exposition nous entraine au
coeur de l'oeuvre de Hans Hartung et au coeur de la
compréhension de celle-ci.
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